Carthage Roman Villas and Kobba Bent el Rey

Carthage Roman Villas and Kobba Bent el Rey


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The Carthage Roman Villas site holds the ruins of a number of Roman luxury houses and Roman insulae – or apartment blocks.

The area is believed to have housed some of the wealthier inhabitants of Roman Carthage and is thought to have suffered during the Vandal invasions.

While many of these houses have little left to see today, the notable exceptions are the ’House of the Aviary’ (Villa de la volièr) which contains an intricate mosaic showing birds nesting among the tress and the structure known as Kobba Bent el Rey or Baths of Dido, a vaulted underground building dating from the early fourth century. The Kobba Bent el Rey is considered to be among the best preserved residential ruins in Carthage.


Residence Berges Du Lac 2, Berges Du Lac (Tunisia) - Deals & Reviews

Residence Berges Du Lac 2 apartment is situated in Les Berges du Lac district of Berges Du Lac and provides accommodation with a free parking lot, a designated place for smoking and an elevator. This venue features a sunny balcony and a kitchen. It offers airport shuttle bus service, 24-hour security and ironing service on site.

Location

Kobba Bent el Rey is 3.1 miles from this property, while National Institute of Marine Sciences and Technologies Museum is 2.7 miles away. The city center is 0.4 miles away. Pizza Hut Tunisia Mall, Georges V and Cote jardin are within 400 feet away. This apartment is located close by Tunisia Mall and offers proximity to Punic Ports & Museum.

Rooms

All rooms are equipped with a flat-screen TV with satellite channels, high-velocity internet and a private safe. All bedrooms come with a pillow-top mattress, a down comforter and down pillows, while the kitchen offers a small refrigerator, a microwave oven and tea/coffee making equipment. Guests can make use of hairdryers, a rain shower and soft bathrobes for no additional supplement.


Dar Said, Sidi Bou Said (Tunisia) - Deals & Reviews

Located in the centre of Sidi Bou Said, the 4-star Dar Said Bed & Breakfast offers fast access to Dar El Annabi Art Gallery within a 5-minute walk. This residence comprises 24 air-conditioned rooms overlooking the outdoor pool.

Location

Palais Ennejma Ezzahra Art Museum is a few steps away, while Carthage Amilcar train station is within a 20 minutes' walk from this property. Sidi Abu Said Museum is around 0.4 km from this business hotel. Roman Villas is minutes' drive from this accommodation.

This property is 650 metres from Sidi Bou Said city rail.

Rooms

This hotel offers a range of rooms with complimentary WiFi, climate control and TV. Guests can make use of dressing gowns, a tub and complimentary toiletries.

Eat & Drink

A complimentary breakfast is served in this accommodation daily. The restaurant at the hotel has international menu. This property has a bar with a lounge and a spacious terrace. Le Chargui and Cafe des Delices with diverse dishes are 225 metres away.

Leisure

Residents are offered loungers and a swimming pool for a surcharge. Dar Said Bed & Breakfast features a garden, a satellite TV and a patio onsite.


Sommaire

Localisation Modifier

« L'Histoire s'attache aux lieux qu'elle a une fois choisis » selon Serge Lancel [ 2 ] . Force est de constater que la géographie compta pour beaucoup dans le rôle de Carthage, la grande cité étant comparée à un « navire à l'ancre » par Strabon [ 3 ] . La localisation des villes chez les Phéniciens répondait à la double exigence d'ouverture sur la mer et de protection vis-à-vis de l'intérieur des terres. Les fondations de Tyr, Sidon et Gadès s'inscrivaient dans ce cadre [ 4 ] .

Davantage que la colonie plus ancienne d'Utique, Carthage paraît favorisée par la géographie. Elle se situe à la frontière des deux bassins de la mer Méditerranée, donc sur un emplacement très propice aux échanges. Au fond du golfe de Tunis, face au djebel Boukornine, l'antique Carthage se présente tel un éperon barré de collines dont la principale est Byrsa, territoire facile à défendre et qui plus est bordé par la mer sur trois de ses côtés. Polybe en parle comme d'une « péninsule presque entièrement entourée soit par la mer [la sebkha Ariana n'était pas encore fermée et formait une baie], soit par un lac et rattachée au continent par un isthme barré et par une chaîne de collines difficiles à franchir » [ 5 ] .

Protégée du côté de la mer, la cité apparaît préservée également par les collines et par le lac de Tunis, la présence des deux sebkhas renforçant cette particularité.

Localisation des éléments du site
Composants Coordonnées Composants Coordonnées
Amphithéâtre 36° 51′ 22,01″ N, 10° 18′ 53,88″ E Basilique de Damous El Karita 36° 51′ 41,59″ N, 10° 19′ 51,72″ E
Basilique de Dermech 36° 50′ 55,13″ N, 10° 19′ 30,99″ E Basilique de Saint-Cyprien 36° 51′ 49,97″ N, 10° 20′ 15,16″ E
Basilique Majorum 36° 52′ 03,87″ N, 10° 19′ 58,98″ E Citernes de La Malga 36° 51′ 33,53″ N, 10° 19′ 08,07″ E
Édifice à colonnes 36° 51′ 23,45″ N, 10° 19′ 31,25″ E Îlot de l'amirauté 36° 50′ 42,07″ N, 10° 19′ 31,82″ E
Monument circulaire 36° 51′ 27,25″ N, 10° 19′ 40,75″ E Nécropoles puniques 36° 51′ 18,26″ N, 10° 19′ 55,89″ E
Odéon 36° 51′ 31,7″ N, 10° 19′ 49,82″ E Port marchand 36° 50′ 29,8″ N, 10° 19′ 29,86″ E
Port militaire 36° 50′ 44,91″ N, 10° 19′ 34,14″ E Quartier Magon 36° 51′ 04,6″ N, 10° 19′ 52,14″ E
Quartier punique de Byrsa 36° 51′ 08,46″ N, 10° 19′ 26,3″ E Rotonde de Damous El Karita 36° 51′ 39,03″ N, 10° 19′ 48,09″ E
Théâtre 36° 51′ 27,93″ N, 10° 19′ 46,12″ E Thermes d'Antonin 36° 51′ 18,26″ N, 10° 19′ 55,89″ E
Tophet de Salammbô 36° 50′ 28,5″ N, 10° 19′ 21,59″ E Villas romaines 36° 51′ 26,64″ N, 10° 19′ 53,96″ E

Caractéristiques des sols Modifier

Bien que le site reste assez pauvre en édifices complets, le terrain est jonché de fragments des marbres les plus précieux [ 6 ] . Parmi ces fragments figurent deux ou trois variétés de marbre blanc statuaire — provenant probablement des carrières de Paros et de Luni — et une variété de marbre du Pentélique, plusieurs variétés de marbre cipolin, de nombreux fragments de marbre jaune de Sienne, du marbre connu en Italie sous le nom de Pavonazzo, du porphyre feldspathique en grande quantité — parfois en blocs de plusieurs pieds cubes — et du porphyre rose d'Égypte [ 7 ] .

Pacho pense que, comme à Cyrène, le territoire de Carthage n'offre pas de matériaux précieux, mais abrite plutôt des matériaux, comme le marbre, le porphyre et le granite, étrangers à la cité et importés de loin [ 6 ] . De Buch, savant géologue de Berlin et Mesnard de La Groye, ancien enseignant de géologie au Collège de France, ayant étudié ces fragments, pensent qu'ils proviennent de carrières d'Italie et de Grèce [ 6 ] .

Des notes sur la Cyrénaïque de Frederick William Beechey rapportent aux alentours de Carthage la présence d'un conglomérat de grès et d'un calcaire sans fossiles et donc peu solide [ 8 ] .

La grande cité africaine connaît une expansion rapide en tant que civilisation du creuset méditerranéen propre à la culture phénicienne [ 9 ] , puis cet essor est brutalement brisé, mais la ville parvient à renaître de par la volonté des vainqueurs romains et grâce à sa localisation exceptionnelle. Néanmoins, dans les tourments des scissions du monde méditerranéen, Carthage passe au second plan : d'abord pillée puis oubliée, elle fait dire à Gustave Flaubert dans une lettre écrite à Ernest Feydeau en octobre 1858 qu'« on ne sait rien de Carthage » [ 10 ] .

Il faudra toute l'opiniâtreté de quelques passionnés pour mettre fin à cet état de choses, et un risque de destruction finale pour qu'une campagne internationale permette d'éviter que la rivale de Rome ne tombe définitivement dans l'oubli, dans « l'abîme de l'histoire » [ 11 ] .

Histoire antique du site Modifier

Sur les premiers occupants, le substrat de population lybico-numide, on ne dispose que de peu d'informations. L'archéologie est muette à ce propos, les seules mentions disponibles étant les textes antiques d'Appien (Libyca, 1, 2) et Justin (Abrégé des histoires philippiques, XVIII, 5, 8).

Pendant plus d'un millénaire, la cité de Carthage se place au premier plan de l'histoire en tant que carrefour de civilisations, du fait de sa situation géographique.

Carthage phénicienne et punique Modifier

La cité est, selon la tradition, fondée par Didon (également dénommée Élyssa) en 814 av. J.-C., soit une soixantaine d'années avant sa rivale, Rome, qui finira par la surpasser. La cité essaime rapidement, créant diverses colonies et affrontant les colonies grecques, notamment en Sicile. Celles-ci, particulièrement Syracuse et Agrigente, porteront la guerre sur les terres puniques au début du V e siècle av. J.-C. puis à la fin du IV e siècle av. J.-C. . C'est lors des aléas de cet antagonisme que l'on place la destruction de la cité punique de Kerkouane.

Les premières relations avec Rome sont pacifiques, comme l'attestent les traités conclus en 509 av. J.-C. [ 12 ] puis en 348 av. J.-C. et 306 av. J.-C., qui garantissent à Carthage l'exclusivité du commerce depuis l'Afrique et l'absence de pillage contre les alliés de Rome en Italie. Les épisodes dénommés guerres puniques voient l'antagonisme s'étendre sur plus d'un siècle, de 264 à 146 av. J.-C.. Une issue favorable pour la cité punique a pu sembler possible, ainsi qu'en témoigne l'aventure du général Hannibal Barca. Le premier conflit se déroule de 264 à 241 av. J.-C., aboutissant pour Carthage à la perte de la Sicile et au paiement d'un lourd tribut.

Cette première défaite engendre de graves conséquences sociales avec l'épisode de la guerre des Mercenaires, de 240 à 237 av. J.-C., la ville étant sauvée par Hamilcar Barca. Carthage oriente ensuite son impérialisme vers la péninsule Ibérique et se heurte aux alliés de Rome, rendant le second conflit inéluctable (219-201 av. J.-C.). Après 205 av. J.-C., la guerre ne se déroulera plus que sur le sol africain, l'année 202 av. J.-C. marquant la victoire finale de Scipion l'Africain à Zama. Les cinquante années qui suivent voient Carthage rembourser de façon régulière le lourd tribut, mais aussi se doter d'équipements coûteux comme les ports puniques dans leur dernier état de développement. Pourtant, face au relèvement de la cité et à la fin du paiement du tribut, Rome impose aux Carthaginois d'abandonner la ville et de se retirer dans l'arrière-pays [ 13 ] . À ce propos, Velleius Paterculus a écrit que « Rome, déjà maîtresse du monde, ne se sentait pas en sûreté tant que subsisterait le nom de Carthage » [ 14 ] . Le refus logique qui suit cette intransigeance entraîne le troisième conflit, ce dernier et le siège de Carthage devant durer trois années.

À son terme, même si le sel n'a pas été répandu sur le sol ainsi que la légende le relate, la destruction de la ville est totale et une malédiction jetée sur son site. Singulièrement, cette cité au sol déclaré sacer, c'est-à-dire maudit, a pu renaître et devenir un foyer essentiel de diffusion de nouveautés culturelles, artistiques et spirituelles même si elle n'en était pas le berceau originel.

Carthage romaine Modifier

Caius Gracchus, tribun de la plèbe en 123 av. J.-C., s'efforce en 122 av. J.-C. d'établir une colonie d'anciens vétérans, tentative sans lendemain — le souvenir de la vieille rivale était vivace moins d'un quart de siècle après sa destruction —, mais dont il demeure des traces archéologiques dans la campagne carthaginoise, particulièrement les centuriations. La volonté d'installer des vétérans refait surface avec Jules César, mais ce projet reste à nouveau sans suite, du fait de l'assassinat de César aux Ides de mars en 44 av. J.-C.. La renaissance de la cité sera l'œuvre d'Auguste, qui la refonde en 29 av. J.-C. et la renomme Colonia Iulia Concordia Carthago : au nom ancien sont apposées sa propre famille — les Julii — et la concorde tant désirée après les affres des guerres civiles qui ont agité Rome dans le dernier siècle av. J.-C.

Les premières constructions de la cité sont publiques elles répondent au dessein d'en faire un exemple de la romanité et de lancer le processus de romanisation dans cette région au passé à la fois libyco-numide et punique [ 15 ] . Les installations privées ne viennent que tardivement, avec l'enrichissement grandissant que procurent les nombreuses exportations vers Rome : blé essentiellement, mais aussi huile d'olive destinés particulièrement au système de l'annone. De cité administrative — siège du procurateur — elle devient une ville importante et prospère à la population estimée à 300 000 habitants lors de la conquête vandale [ 16 ] . La première ville romaine est pourtant mal connue, à cause des catastrophes successives qui l'ont frappée : tremblements de terre, incendie sous le règne d'Antonin le Pieux.

L'accession au pouvoir impérial de la dynastie des Sévères traduit l'enrichissement de la terre d'Afrique à la fin du II e siècle et au début du III e siècle. Cependant, les crises qui ébranlent l'Empire romain au III e siècle engendrent de graves conséquences pour Carthage, notamment au moment de l'usurpation de Gordien I er et de la répression qui suit sa chute en 238 : la ville est pillée, y compris ses temples [ 17 ] . De même, de 308 à 311, la cité devient la capitale de l'usurpateur Domitius Alexander et se voit, à l'occasion de sa chute, à nouveau livrée au pillage. Avec ce siècle, Carthage retrouve néanmoins une croissance économique qui s'exprime par la vitalité des constructions tant privées, avec de multiples villas démontrant l'opulence de leurs propriétaires, que publiques avec en particulier les installations destinées au nouveau culte dominant.

Carthage chrétienne Modifier

Dans un espace ouvert sur l'extérieur comme l'est alors Carthage — le port est notamment relié aux grandes cités d'Alexandrie et d'Antioche qui constituent deux grands centres d'évangélisation [ 18 ] —, le christianisme s'est développé précocement dans le sillage des importantes communautés juives implantées dans la cité [ 19 ] . À la fin du I er siècle, colons, commerçants et soldats comptent aussi parmi les agents de propagation du christianisme [ 18 ] et la nouvelle religion progresse rapidement dans la province, en dépit des persécutions sporadiques dont elle fait l'objet, les premiers martyrs étant attestés dès le 17 juillet 180 [ 18 ] .

La cité devient ainsi l'un des foyers essentiels de diffusion de la nouvelle foi et les affrontements religieux y sont violents avec les païens. Carthage et la province d'Afrique sont vite considérées comme le phare du christianisme latin occidental [ 18 ] Tertullien est l'un des premiers auteurs chrétiens de langue latine. Saint Cyprien, son premier évêque, est martyrisé le 14 septembre 258 [ 18 ] , à une époque où la nouvelle religion est déjà largement répandue dans la société. Cette expansion ne va pas sans heurts, en particulier lors du schisme donatiste — conséquence des rivalités de prélats avides d'occuper le siège du primat d'Afrique — qui est condamné de façon définitive lors de la conférence de Carthage ouverte le 1 er juin 411 [ 18 ] et organisée par le parti de son plus ardent contradicteur en la personne de l'évêque Augustin d'Hippone.

Ce dernier accuse les schismatiques d'avoir coupé les liens entre l'Église catholique africaine et les Églises orientales originelles [ 18 ] . En dépit de cette lutte religieuse, la conjoncture économique, sociale et culturelle est relativement favorable au moment du triomphe du christianisme [ 20 ] . Elle s'accompagne d'une organisation religieuse de la cité au IV e siècle : un découpage en six quartiers est effectué et des basiliques marquent chacun d'entre eux. Seconde ville d'Occident après Rome, Carthage compte au début du V e siècle une population de plus de 300 000 habitants et sa superficie dépasse 321 hectares [ 16 ] .

La ville est conquise par les troupes vandales de Genséric en 439. Outre les destructions opérées par les nouveaux venus, attestées entre autres par un auteur tel que Victor de Vita, ceux-ci tentent d'imposer l'arianisme en lieu et place du catholicisme : la persécution est alors légitimée et les quelque 500 religieux de Carthage sont expulsés [ 18 ] . Cette période vandale coïncide avec une nouvelle ère de persécutions [ 21 ] . Puis le royaume vandale finit par s'effondrer et l'empereur byzantin Justinien devient le nouveau maître en 533. La période byzantine connaît divers aléas, dont la mise au pas des membres de l'Église d'Afrique, alors que la page se tourne sur l'histoire antique avec la conquête arabo-musulmane de 698, qui voit Carthage passer au second plan de l'histoire.

Naufrage et redécouverte de la grande cité africaine Modifier

Carthage passe au second plan de la grande histoire Modifier

Avant même sa prise en 698, la capitale de la province d'Afrique s'est vidée de ses habitants byzantins. La décadence est nette peu de temps après la reconquête par Justinien, Abdelmajid Ennabli évoquant une cité « délaissée par le pouvoir central préoccupé de sa propre survie, abandonnée progressivement par une population dont l'aristocratie émigre » [ 22 ] . Dès le début du VII e siècle, l'archéologie témoigne selon Liliane Ennabli d'une « ville rétrécie, resserrée sur son centre » [ 23 ] . Le conquérant Hassan Ibn Numan fait détruire les installations portuaires pour prévenir tout retour des Byzantins, portant un coup final à la ville [ 24 ] . Les matériaux font l'objet d'un remploi massif : « pour des siècles, [elle] ne fut plus [qu'une] marbrière » ainsi que l'écrit M'hamed Hassine Fantar [ 25 ] . Cette récupération se fait au profit des édifices de la Tunisie actuelle — la forêt de colonnes de la mosquée Zitouna en provient —, mais aussi de bâtisses importantes du bassin méditerranéen comme la cathédrale de Pise. La récupération des « dépouilles du grand cadavre gisant aux bords du golfe » [ 26 ] ne sera pas seulement celle des matériaux les plus nobles, colonnes et chapiteaux : un grand nombre de fours à chaux ont été retrouvés sur le site, notamment lors du dégagement des thermes d'Antonin, faisant mentir Al-Bakri qui affirmait que « le marbre est si important à Carthage que, si tous les habitants de l'Ifriqiya se rassemblaient pour en tirer les blocs et les transporter ailleurs, ils ne pourraient pas accomplir leur tâche » [ 27 ] . Al Idrissi, témoin oculaire de cette prédation effrénée, déclare : « Ces fouilles ne discontinuent pas, les marbres sont transportés au loin dans tous les pays, et nul ne quitte Carthage sans en charger des quantités considérables sur des navires ou autrement » [ 28 ] .

Des voyageurs aux recherches scientifiques Modifier

Le début du XIX e siècle est celui des précurseurs, à la fois voyageurs et visionnaires. Christian Tuxen Falbe, consul du Danemark, dresse la première topographie des vestiges dans ses Recherches sur l'emplacement de Carthage publiées en 1833. Une société historique et archéologique voit le jour à Paris et suscite un intérêt, voire une « mode d'un attrait irrésistible » [ 29 ] qui trouve un certain point d'orgue avec la publication de Salammbô par Gustave Flaubert en 1858. Charles Ernest Beulé, pour sa part, met en évidence au cours d'un voyage les absides romaines sur la colline de Byrsa, mais se heurte vite aux difficultés des fouilles sur cet espace maintes fois remanié, non sans prédire que « Carthage aura son tour, comme l'Égypte, comme Ninive et comme Babylone » [ 30 ] . Le rôle joué par les pères blancs mérite aussi d'être rappelé. Ainsi, le père Delattre est envoyé sur place à partir de 1875 par le cardinal Lavigerie avec un but non seulement apostolique, mais archéologique affirmé [ 31 ] . Il s'intéresse surtout aux nécropoles puniques ainsi qu'aux basiliques chrétiennes [ 32 ] . Pendant les premières années du protectorat français, le bey de Tunis signe plusieurs décrets dont l'un concerne la création du musée national du Bardo, et l'autre réglemente les fouilles et protège le patrimoine [ 33 ] .

Carthage voit ensuite une poignée de passionnés, le plus souvent archéologues amateurs, travailler de manière acharnée afin de sortir le site de l'oubli. Même si certaines méthodes de fouilles peuvent sembler contestables aujourd'hui, il faut relever, comme l'a fait Serge Lancel, qu'ils « ont multiplié remarques et observations encore utilisables à une époque où l'archéologie officielle se cantonnait aux nécropoles ou se désintéressait de Carthage » [ 34 ] . Grâce à ces enthousiastes, œuvrant à une époque encore floue sur le plan de la protection du patrimoine, des éléments essentiels sont sauvegardés, parfois au prix de leurs deniers personnels.

Tel est le cas de la découverte du tophet en 1921 par Paul Gielly et François Icard dans des circonstances rocambolesques. Il faut également citer le docteur Louis Carton, qui met au jour la « fontaine aux mille amphores » [ 35 ] , même si les fouilles ne sont pas toujours dénuées d'intérêts personnels, la récupération d'objets étant chose courante à l'époque. Quant à Charles Saumagne, grâce à ses observations du terrain, il trace le plan de la ville romaine dès 1924, plan qui reste pour une grande partie valide même après les dernières campagnes de fouilles [ 36 ] . Le dernier de ces pionniers est Pierre Cintas, fonctionnaire de l'administration des douanes, qui entreprend des études universitaires afin de se consacrer au sujet, et auteur d'un Manuel d'archéologie punique (1970-1976). Cet ouvrage, laissé inachevé au moment de sa mort, demeure un outil primordial de synthèse sur les premières fouilles.

À partir de mai 1972, les équipes de la mission internationale de l'Unesco [ 37 ] travaillent sous la coordination du conservateur du site Abdelmajid Ennabli [ 38 ] :

Répartition des équipes de la mission internationale de l'Unesco
Nationalité Activités Personnalités
Allemagne quartier d'habitat punique puis romain (proximité du rivage)
découverte d'un temple punique dit d'Apollon
Friedrich Rakob
Bulgarie rotonde de Damous El Karita Stefan Boyadjiev
Canada monument circulaire, muraille de Théodose et villas suburbaines Pierre Senay, Colin M. Wells, Vanda Vitali, Jeremy Rossiter
Danemark quartier d'habitat punique au pied de la falaise d'Amilcar Soren Dietz
États-Unis tophet de Salammbô, port marchand et cirque Lawrence E. Stager, John H. Humphrey, Naomi Norman
France colline de Byrsa
villa du cryptoportique
Serge Lancel, Jean-Paul Thuillier, Jean-Paul Morel, Pierre Gros, Jean Deneauve
Jean-Pierre Darmon
Italie cadastration Andrea Carandini, Giuseppe Pucci
Royaume-Uni port militaire et mise en valeur de l'îlot de l'amirauté Henry Hurst
Suède villa romaine Carl-Gustaf Styrenius
Tunisie anastylose de la colonne du frigidarium et restauration des thermes d'Antonin
mise en valeur de la villa de la volière
Liliane Ennabli, Fethi Chelbi

Par ce terme, il faut entendre les espaces privés tels qu'ils ont pu subsister. Même si de très nombreuses villas romaines ont fait l'objet de fouilles depuis fort longtemps, peu de vestiges ont été mis en valeur sur le site, hormis dans le parc dit des « villas romaines ». Les éléments décoratifs, principalement les mosaïques, ôtés, les pans de murs ont très souvent été abandonnés et le site livré au pillage. Pour cette raison, et de façon quelque peu paradoxale, il est plus aisé de déambuler dans un quartier d'époque punique tardive, protégé par la gangue que constituèrent pendant deux millénaires les remblais romains de la colline de Byrsa. Un autre quartier punique plus ancien, dit « quartier Magon », a été fouillé en bord de mer.


Dar El Maa Maison D'Hotes, Carthage (Tunisia) - Deals & Reviews

Just 20 minutes' walk from Carthage city centre, Dar El Maa Maison D'Hotes features rooms with views of the garden. This guest house offers an outdoor pool as well as concierge service and 24-hour security service.

Location

Byrsa Hill is 1.9 km from this property, while Carthaginian Ruins is 2.1 km away. Port El Kantaoui is located 80 minutes’ drive away from this 3-star hotel. Tunis City Hall is only a short walking distance away.

Le Kram city rail is 450 metres away.

Rooms

Some rooms have a dressing area, smoke detectors and cable satellite TV for your convenience. Linens and hypoallergenic pillows along with bath sheets, slippers and a bath are also provided.

Eat & Drink

The Restaurant de l'Hotel Sidi Bou Said is situated 600 metres of Dar El Maa Maison D'Hotes.

Leisure

There are board games and children's play equipment for children. Guests will take advantage of canoeing, fishing services and windsurfing available for an active pastime.


Premières rivalités et traités

Traité avec la puissance étrusque

La tradition, qui rapporte un traité entre la puissance étrusque et la cité punique, est appuyée par des indices archéologiques : les lamelles de Pyrgi, trouvées sur le sol italien avec des textes en phénicien et en étrusque [ 120 ] , sont une dédicace datant d'environ 500 av. J.-C. d'un temple à Astarté, déesse phénicienne, par Thefarie Velianas, roi de Caeré [ 121 ] . Les fouilles de Carthage ont également livré une inscription en étrusque destinée à présenter un individu, peut-être un marchand punique. Cette inscription, trouvée sur la colline dite de Sainte-Monique, a peut-être été rédigée dans la cité étrusque de Vulci [ 122 ] . Ces éléments s'ajoutent à de nombreuses céramiques à bucchero qui confirment des liens commerciaux précoces, dès le VII e siècle [ 122 ] et au moins jusqu'au début du V e siècle [ 121 ] .

Rivalités avec les Phocéens

Les Phocéens, dès les débuts de leur présence en Méditerranée occidentale, sont des concurrents sérieux au développement des intérêts phénico-puniques, en raison de leur volonté de développer le commerce des métaux [ 123 ] . La colonisation phocéenne prend la forme d'une installation à Marseille, vers 600 av. J.-C. , contre laquelle Carthage semble avoir lutté [ 20 ] . Les Phocéens installés à Alalia en Corse vers 565 av. J.-C. [ 123 ] subsistent par des actes de piraterie et menacent les intérêts des alliés étrusques et puniques, d'autant que la prise de leur métropole par les Perses entraîne une émigration [ 123 ] . La bataille d'Alalia en 540 av. J.-C. oppose les Phocéens de Marseille et d'Alalia aux deux alliés et se conclut par une stabilisation des zones d'influence dans cette région de la Méditerranée [ 124 ] .

La bataille navale est connue par le récit qu'en a fait Hérodote [ 125 ] , mais l'archéologie a démenti le récit qui énonçait un abandon du site par les Grecs : une population grecque s'est en effet maintenue sur le site, avec une présence punique à la fin du premier tiers du III e siècle av. J.-C. , peu avant l'occupation romaine à l'issue de la Première guerre punique [ 126 ] .

Traités avec Rome

Les relations avec Rome sont tout d'abord cordiales, avec la signature d'un traité dès la fin du VI e siècle av. J.-C. Cependant, au fur et à mesure, les relations se tendent et rendent nécessaires la signature de nouveaux traités en 348, 338, 306 puis 279 av. J.-C.

En 509 av. J.-C. [ 59 ] , Carthage et Rome signent un traité qui divise les aires d'influence et de commerce entre les deux cités. Le texte connu par Polybe [ 127 ] est la première source qui indique que Carthage a conquis la Sicile en partie et surtout la Sardaigne où elle semble jouir d'un monopole commercial [ 70 ] . Les Romains et leurs alliés ne devaient aller au-delà du « Beau Promontoire » sauf dans des cas très limitatifs [ 128 ] .

Au début du V e siècle av. J.-C. , Carthage est devenue le centre commercial de l'ouest du bassin méditerranéen. À cette époque, la cité a conquis la plupart des anciennes colonies phéniciennes, comme Hadrumète, Utique et Kerkouane, soumis les tribus de la Libye et s'est emparée de la côte nord-africaine depuis le Maroc jusqu'aux frontières de l'Égypte. Carthage a également étendu son influence en Méditerranée en prenant la Sardaigne, l'île de Malte, les Baléares et la côte occidentale de la Sicile. Des comptoirs importants sont fondés dans la péninsule Ibérique. De nouveaux traités sont donc signés avec Rome : les conditions du précédent traité sont confirmées voire étendues à la péninsule Ibérique en 348 av. J.-C. Carthage a de son côté la possibilité d'intervenir au Latium, mais sans prise de possession de territoires possible [ 129 ] . Renouvelé en 338 av. J.-C. , de nouveaux accords sont signés en 306 av. J.-C. , voyant Rome exclue de la Sicile et Carthage de l'Italie [ 130 ] , puis en 279-278 av. J.-C. lors de l'invasion de Pyrrhus [ 131 ] .


Villa Clothilde Carthage, Carthage (Tunísia) - Ofertas e Avaliações

O apartamento Villa Clothilde Carthage está localizado ao lado de Catedral de Sao Luis e oferece uma vista para o mar. Esta propriedade de 2 quartos fornece cozinha e 1 banheiros.

Localização

The apartment is about 15 minutes' walk of Palacio de Cartago. Palacio Dar Nejma Ezzahra está a uma distância de 3.1 km. Os hóspedes deste Apartamento podem fazer uso de Le Rest'O Villa Didon, Calcutta Restaurant Indien e Phenix de Carthage nas proximidades. Museu Oceanografico de Salammbo também fica a uma curta caminhada.

A estação de ônibus mais próxima 18c - 20c está a apenas 1000 metros de distância.

Quartos

O apartamento vem com quartos equipados com cofre, TV com vários canais e leitor de CD. Algumas unidades incluem terraço para relaxar. Colchão com almofada incorporada e roupa de cama estão disponíveis. Fornecendo banheira e chuveiro de abrir, os banheiros também vêm com secador, roupões e toalhas.

Comer & Beber

Os quartos oferecem cozinha, incluindo máquina de lavar louça, máquina de café/chá e artigos de vidro.

Internet

O serviço à internet sem fios está disponível em todo o apartamento e é gratuito.


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Localisation Edit

« L'Histoire s'attache aux lieux qu'elle a une fois choisis » selon Serge Lancel [ 2 ] . Force est de constater que la géographie compta pour beaucoup dans le rôle de Carthage, la grande cité étant comparée à un « navire à l'ancre » par Strabon [ 3 ] . La localisation des villes chez les Phéniciens répondait à la double exigence d'ouverture sur la mer et de protection vis-à-vis de l'intérieur des terres. Les fondations de Tyr, Sidon et Gadès s'inscrivaient dans ce cadre [ 4 ] .

Davantage que la colonie plus ancienne d'Utique, Carthage paraît favorisée par la géographie. Elle se situe à la frontière des deux bassins de la mer Méditerranée, donc sur un emplacement très propice aux échanges. Au fond du golfe de Tunis, face au djebel Boukornine, l'antique Carthage se présente tel un éperon barré de collines dont la principale est Byrsa, territoire facile à défendre et qui plus est bordé par la mer sur trois de ses côtés. Polybe en parle comme d'une « péninsule presque entièrement entourée soit par la mer [la sebkha Ariana n'était pas encore fermée et formait une baie], soit par un lac et rattachée au continent par un isthme barré et par une chaîne de collines difficiles à franchir » [ 5 ] .

Protégée du côté de la mer, la cité apparaît préservée également par les collines et par le lac de Tunis, la présence des deux sebkhas renforçant cette particularité.

Localisation des éléments du site
Composants Coordonnées Composants Coordonnées
Amphithéâtre 36° 51′ 22,01″ N, 10° 18′ 53,88″ E Basilique de Damous El Karita 36° 51′ 41,59″ N, 10° 19′ 51,72″ E
Basilique de Dermech 36° 50′ 55,13″ N, 10° 19′ 30,99″ E Basilique de Saint-Cyprien 36° 51′ 49,97″ N, 10° 20′ 15,16″ E
Basilique Majorum 36° 52′ 03,87″ N, 10° 19′ 58,98″ E Citernes de La Malga 36° 51′ 33,53″ N, 10° 19′ 08,07″ E
Édifice à colonnes 36° 51′ 23,45″ N, 10° 19′ 31,25″ E Îlot de l'amirauté 36° 50′ 42,07″ N, 10° 19′ 31,82″ E
Monument circulaire 36° 51′ 27,25″ N, 10° 19′ 40,75″ E Nécropoles puniques 36° 51′ 18,26″ N, 10° 19′ 55,89″ E
Odéon 36° 51′ 31,7″ N, 10° 19′ 49,82″ E Port marchand 36° 50′ 29,8″ N, 10° 19′ 29,86″ E
Port militaire 36° 50′ 44,91″ N, 10° 19′ 34,14″ E Quartier Magon 36° 51′ 04,6″ N, 10° 19′ 52,14″ E
Quartier punique de Byrsa 36° 51′ 08,46″ N, 10° 19′ 26,3″ E Rotonde de Damous El Karita 36° 51′ 39,03″ N, 10° 19′ 48,09″ E
Théâtre 36° 51′ 27,93″ N, 10° 19′ 46,12″ E Thermes d'Antonin 36° 51′ 18,26″ N, 10° 19′ 55,89″ E
Tophet de Salammbô 36° 50′ 28,5″ N, 10° 19′ 21,59″ E Villas romaines 36° 51′ 26,64″ N, 10° 19′ 53,96″ E

Caractéristiques des sols Edit

Bien que le site reste assez pauvre en édifices complets, le terrain est jonché de fragments des marbres les plus précieux [ 6 ] . Parmi ces fragments figurent deux ou trois variétés de marbre blanc statuaire — provenant probablement des carrières de Paros et de Luni — et une variété de marbre du Pentélique, plusieurs variétés de marbre cipolin, de nombreux fragments de marbre jaune de Sienne, du marbre connu en Italie sous le nom de Pavonazzo, du porphyre feldspathique en grande quantité — parfois en blocs de plusieurs pieds cubes — et du porphyre rose d'Égypte [ 7 ] .

Pacho pense que, comme à Cyrène, le territoire de Carthage n'offre pas de matériaux précieux, mais abrite plutôt des matériaux, comme le marbre, le porphyre et le granite, étrangers à la cité et importés de loin [ 6 ] . De Buch, savant géologue de Berlin et Mesnard de La Groye, ancien enseignant de géologie au Collège de France, ayant étudié ces fragments, pensent qu'ils proviennent de carrières d'Italie et de Grèce [ 6 ] .

Des notes sur la Cyrénaïque de Frederick William Beechey rapportent aux alentours de Carthage la présence d'un conglomérat de grès et d'un calcaire sans fossiles et donc peu solide [ 8 ] .

La grande cité africaine connaît une expansion rapide en tant que civilisation du creuset méditerranéen propre à la culture phénicienne [ 9 ] , puis cet essor est brutalement brisé, mais la ville parvient à renaître de par la volonté des vainqueurs romains et grâce à sa localisation exceptionnelle. Néanmoins, dans les tourments des scissions du monde méditerranéen, Carthage passe au second plan : d'abord pillée puis oubliée, elle fait dire à Gustave Flaubert dans une lettre écrite à Ernest Feydeau en octobre 1858 qu'« on ne sait rien de Carthage » [ 10 ] .

Il faudra toute l'opiniâtreté de quelques passionnés pour mettre fin à cet état de choses, et un risque de destruction finale pour qu'une campagne internationale permette d'éviter que la rivale de Rome ne tombe définitivement dans l'oubli, dans « l'abîme de l'histoire » [ 11 ] .

Histoire antique du site Edit

Sur les premiers occupants, le substrat de population lybico-numide, on ne dispose que de peu d'informations. L'archéologie est muette à ce propos, les seules mentions disponibles étant les textes antiques d'Appien (Libyca, 1, 2) et Justin (Abrégé des histoires philippiques, XVIII, 5, 8).

Pendant plus d'un millénaire, la cité de Carthage se place au premier plan de l'histoire en tant que carrefour de civilisations, du fait de sa situation géographique.

Carthage phénicienne et punique Edit

La cité est, selon la tradition, fondée par Didon (également dénommée Élyssa) en 814 av. J.-C., soit une soixantaine d'années avant sa rivale, Rome, qui finira par la surpasser. La cité essaime rapidement, créant diverses colonies et affrontant les colonies grecques, notamment en Sicile. Celles-ci, particulièrement Syracuse et Agrigente, porteront la guerre sur les terres puniques au début du V e siècle av. J.-C. puis à la fin du IV e siècle av. J.-C. . C'est lors des aléas de cet antagonisme que l'on place la destruction de la cité punique de Kerkouane.

Les premières relations avec Rome sont pacifiques, comme l'attestent les traités conclus en 509 av. J.-C. [ 12 ] puis en 348 av. J.-C. et 306 av. J.-C., qui garantissent à Carthage l'exclusivité du commerce depuis l'Afrique et l'absence de pillage contre les alliés de Rome en Italie. Les épisodes dénommés guerres puniques voient l'antagonisme s'étendre sur plus d'un siècle, de 264 à 146 av. J.-C.. Une issue favorable pour la cité punique a pu sembler possible, ainsi qu'en témoigne l'aventure du général Hannibal Barca. Le premier conflit se déroule de 264 à 241 av. J.-C., aboutissant pour Carthage à la perte de la Sicile et au paiement d'un lourd tribut.

Cette première défaite engendre de graves conséquences sociales avec l'épisode de la guerre des Mercenaires, de 240 à 237 av. J.-C., la ville étant sauvée par Hamilcar Barca. Carthage oriente ensuite son impérialisme vers la péninsule Ibérique et se heurte aux alliés de Rome, rendant le second conflit inéluctable (219-201 av. J.-C.). Après 205 av. J.-C., la guerre ne se déroulera plus que sur le sol africain, l'année 202 av. J.-C. marquant la victoire finale de Scipion l'Africain à Zama. Les cinquante années qui suivent voient Carthage rembourser de façon régulière le lourd tribut, mais aussi se doter d'équipements coûteux comme les ports puniques dans leur dernier état de développement. Pourtant, face au relèvement de la cité et à la fin du paiement du tribut, Rome impose aux Carthaginois d'abandonner la ville et de se retirer dans l'arrière-pays [ 13 ] . À ce propos, Velleius Paterculus a écrit que « Rome, déjà maîtresse du monde, ne se sentait pas en sûreté tant que subsisterait le nom de Carthage » [ 14 ] . Le refus logique qui suit cette intransigeance entraîne le troisième conflit, ce dernier et le siège de Carthage devant durer trois années.

À son terme, même si le sel n'a pas été répandu sur le sol ainsi que la légende le relate, la destruction de la ville est totale et une malédiction jetée sur son site. Singulièrement, cette cité au sol déclaré sacer, c'est-à-dire maudit, a pu renaître et devenir un foyer essentiel de diffusion de nouveautés culturelles, artistiques et spirituelles même si elle n'en était pas le berceau originel.

Carthage romaine Edit

Caius Gracchus, tribun de la plèbe en 123 av. J.-C., s'efforce en 122 av. J.-C. d'établir une colonie d'anciens vétérans, tentative sans lendemain — le souvenir de la vieille rivale était vivace moins d'un quart de siècle après sa destruction —, mais dont il demeure des traces archéologiques dans la campagne carthaginoise, particulièrement les centuriations. La volonté d'installer des vétérans refait surface avec Jules César, mais ce projet reste à nouveau sans suite, du fait de l'assassinat de César aux Ides de mars en 44 av. J.-C.. La renaissance de la cité sera l'œuvre d'Auguste, qui la refonde en 29 av. J.-C. et la renomme Colonia Iulia Concordia Carthago : au nom ancien sont apposées sa propre famille — les Julii — et la concorde tant désirée après les affres des guerres civiles qui ont agité Rome dans le dernier siècle av. J.-C.

Les premières constructions de la cité sont publiques elles répondent au dessein d'en faire un exemple de la romanité et de lancer le processus de romanisation dans cette région au passé à la fois libyco-numide et punique [ 15 ] . Les installations privées ne viennent que tardivement, avec l'enrichissement grandissant que procurent les nombreuses exportations vers Rome : blé essentiellement, mais aussi huile d'olive destinés particulièrement au système de l'annone. De cité administrative — siège du procurateur — elle devient une ville importante et prospère à la population estimée à 300 000 habitants lors de la conquête vandale [ 16 ] . La première ville romaine est pourtant mal connue, à cause des catastrophes successives qui l'ont frappée : tremblements de terre, incendie sous le règne d'Antonin le Pieux.

L'accession au pouvoir impérial de la dynastie des Sévères traduit l'enrichissement de la terre d'Afrique à la fin du II e siècle et au début du III e siècle. Cependant, les crises qui ébranlent l'Empire romain au III e siècle engendrent de graves conséquences pour Carthage, notamment au moment de l'usurpation de Gordien I er et de la répression qui suit sa chute en 238 : la ville est pillée, y compris ses temples [ 17 ] . De même, de 308 à 311, la cité devient la capitale de l'usurpateur Domitius Alexander et se voit, à l'occasion de sa chute, à nouveau livrée au pillage. Avec ce siècle, Carthage retrouve néanmoins une croissance économique qui s'exprime par la vitalité des constructions tant privées, avec de multiples villas démontrant l'opulence de leurs propriétaires, que publiques avec en particulier les installations destinées au nouveau culte dominant.

Carthage chrétienne Edit

Dans un espace ouvert sur l'extérieur comme l'est alors Carthage — le port est notamment relié aux grandes cités d'Alexandrie et d'Antioche qui constituent deux grands centres d'évangélisation [ 18 ] —, le christianisme s'est développé précocement dans le sillage des importantes communautés juives implantées dans la cité [ 19 ] . À la fin du I er siècle, colons, commerçants et soldats comptent aussi parmi les agents de propagation du christianisme [ 18 ] et la nouvelle religion progresse rapidement dans la province, en dépit des persécutions sporadiques dont elle fait l'objet, les premiers martyrs étant attestés dès le 17 juillet 180 [ 18 ] .

La cité devient ainsi l'un des foyers essentiels de diffusion de la nouvelle foi et les affrontements religieux y sont violents avec les païens. Carthage et la province d'Afrique sont vite considérées comme le phare du christianisme latin occidental [ 18 ] Tertullien est l'un des premiers auteurs chrétiens de langue latine. Saint Cyprien, son premier évêque, est martyrisé le 14 septembre 258 [ 18 ] , à une époque où la nouvelle religion est déjà largement répandue dans la société. Cette expansion ne va pas sans heurts, en particulier lors du schisme donatiste — conséquence des rivalités de prélats avides d'occuper le siège du primat d'Afrique — qui est condamné de façon définitive lors de la conférence de Carthage ouverte le 1 er juin 411 [ 18 ] et organisée par le parti de son plus ardent contradicteur en la personne de l'évêque Augustin d'Hippone.

Ce dernier accuse les schismatiques d'avoir coupé les liens entre l'Église catholique africaine et les Églises orientales originelles [ 18 ] . En dépit de cette lutte religieuse, la conjoncture économique, sociale et culturelle est relativement favorable au moment du triomphe du christianisme [ 20 ] . Elle s'accompagne d'une organisation religieuse de la cité au IV e siècle : un découpage en six quartiers est effectué et des basiliques marquent chacun d'entre eux. Seconde ville d'Occident après Rome, Carthage compte au début du V e siècle une population de plus de 300 000 habitants et sa superficie dépasse 321 hectares [ 16 ] .

La ville est conquise par les troupes vandales de Genséric en 439. Outre les destructions opérées par les nouveaux venus, attestées entre autres par un auteur tel que Victor de Vita, ceux-ci tentent d'imposer l'arianisme en lieu et place du catholicisme : la persécution est alors légitimée et les quelque 500 religieux de Carthage sont expulsés [ 18 ] . Cette période vandale coïncide avec une nouvelle ère de persécutions [ 21 ] . Puis le royaume vandale finit par s'effondrer et l'empereur byzantin Justinien devient le nouveau maître en 533. La période byzantine connaît divers aléas, dont la mise au pas des membres de l'Église d'Afrique, alors que la page se tourne sur l'histoire antique avec la conquête arabo-musulmane de 698, qui voit Carthage passer au second plan de l'histoire.

Naufrage et redécouverte de la grande cité africaine Edit

Carthage passe au second plan de la grande histoire Edit

Avant même sa prise en 698, la capitale de la province d'Afrique s'est vidée de ses habitants byzantins. La décadence est nette peu de temps après la reconquête par Justinien, Abdelmajid Ennabli évoquant une cité « délaissée par le pouvoir central préoccupé de sa propre survie, abandonnée progressivement par une population dont l'aristocratie émigre » [ 22 ] . Dès le début du VII e siècle, l'archéologie témoigne selon Liliane Ennabli d'une « ville rétrécie, resserrée sur son centre » [ 23 ] . Le conquérant Hassan Ibn Numan fait détruire les installations portuaires pour prévenir tout retour des Byzantins, portant un coup final à la ville [ 24 ] . Les matériaux font l'objet d'un remploi massif : « pour des siècles, [elle] ne fut plus [qu'une] marbrière » ainsi que l'écrit M'hamed Hassine Fantar [ 25 ] . Cette récupération se fait au profit des édifices de la Tunisie actuelle — la forêt de colonnes de la mosquée Zitouna en provient —, mais aussi de bâtisses importantes du bassin méditerranéen comme la cathédrale de Pise. La récupération des « dépouilles du grand cadavre gisant aux bords du golfe » [ 26 ] ne sera pas seulement celle des matériaux les plus nobles, colonnes et chapiteaux : un grand nombre de fours à chaux ont été retrouvés sur le site, notamment lors du dégagement des thermes d'Antonin, faisant mentir Al-Bakri qui affirmait que « le marbre est si important à Carthage que, si tous les habitants de l'Ifriqiya se rassemblaient pour en tirer les blocs et les transporter ailleurs, ils ne pourraient pas accomplir leur tâche » [ 27 ] . Al Idrissi, témoin oculaire de cette prédation effrénée, déclare : « Ces fouilles ne discontinuent pas, les marbres sont transportés au loin dans tous les pays, et nul ne quitte Carthage sans en charger des quantités considérables sur des navires ou autrement » [ 28 ] .

Des voyageurs aux recherches scientifiques Edit

Le début du XIX e siècle est celui des précurseurs, à la fois voyageurs et visionnaires. Christian Tuxen Falbe, consul du Danemark, dresse la première topographie des vestiges dans ses Recherches sur l'emplacement de Carthage publiées en 1833. Une société historique et archéologique voit le jour à Paris et suscite un intérêt, voire une « mode d'un attrait irrésistible » [ 29 ] qui trouve un certain point d'orgue avec la publication de Salammbô par Gustave Flaubert en 1858. Charles Ernest Beulé, pour sa part, met en évidence au cours d'un voyage les absides romaines sur la colline de Byrsa, mais se heurte vite aux difficultés des fouilles sur cet espace maintes fois remanié, non sans prédire que « Carthage aura son tour, comme l'Égypte, comme Ninive et comme Babylone » [ 30 ] . Le rôle joué par les pères blancs mérite aussi d'être rappelé. Ainsi, le père Delattre est envoyé sur place à partir de 1875 par le cardinal Lavigerie avec un but non seulement apostolique, mais archéologique affirmé [ 31 ] . Il s'intéresse surtout aux nécropoles puniques ainsi qu'aux basiliques chrétiennes [ 32 ] . Pendant les premières années du protectorat français, le bey de Tunis signe plusieurs décrets dont l'un concerne la création du musée national du Bardo, et l'autre réglemente les fouilles et protège le patrimoine [ 33 ] .

Carthage voit ensuite une poignée de passionnés, le plus souvent archéologues amateurs, travailler de manière acharnée afin de sortir le site de l'oubli. Même si certaines méthodes de fouilles peuvent sembler contestables aujourd'hui, il faut relever, comme l'a fait Serge Lancel, qu'ils « ont multiplié remarques et observations encore utilisables à une époque où l'archéologie officielle se cantonnait aux nécropoles ou se désintéressait de Carthage » [ 34 ] . Grâce à ces enthousiastes, œuvrant à une époque encore floue sur le plan de la protection du patrimoine, des éléments essentiels sont sauvegardés, parfois au prix de leurs deniers personnels.

Tel est le cas de la découverte du tophet en 1921 par Paul Gielly et François Icard dans des circonstances rocambolesques. Il faut également citer le docteur Louis Carton, qui met au jour la « fontaine aux mille amphores » [ 35 ] , même si les fouilles ne sont pas toujours dénuées d'intérêts personnels, la récupération d'objets étant chose courante à l'époque. Quant à Charles Saumagne, grâce à ses observations du terrain, il trace le plan de la ville romaine dès 1924, plan qui reste pour une grande partie valide même après les dernières campagnes de fouilles [ 36 ] . Le dernier de ces pionniers est Pierre Cintas, fonctionnaire de l'administration des douanes, qui entreprend des études universitaires afin de se consacrer au sujet, et auteur d'un Manuel d'archéologie punique (1970-1976). Cet ouvrage, laissé inachevé au moment de sa mort, demeure un outil primordial de synthèse sur les premières fouilles.

À partir de mai 1972, les équipes de la mission internationale de l'Unesco [ 37 ] travaillent sous la coordination du conservateur du site Abdelmajid Ennabli [ 38 ] :

Répartition des équipes de la mission internationale de l'Unesco
Nationalité Activités Personnalités
Allemagne quartier d'habitat punique puis romain (proximité du rivage)
découverte d'un temple punique dit d'Apollon
Friedrich Rakob
Bulgarie rotonde de Damous El Karita Stefan Boyadjiev
Canada monument circulaire, muraille de Théodose et villas suburbaines Pierre Senay, Colin M. Wells, Vanda Vitali, Jeremy Rossiter
Danemark quartier d'habitat punique au pied de la falaise d'Amilcar Soren Dietz
États-Unis tophet de Salammbô, port marchand et cirque Lawrence E. Stager, John H. Humphrey, Naomi Norman
France colline de Byrsa
villa du cryptoportique
Serge Lancel, Jean-Paul Thuillier, Jean-Paul Morel, Pierre Gros, Jean Deneauve
Jean-Pierre Darmon
Italie cadastration Andrea Carandini, Giuseppe Pucci
Royaume-Uni port militaire et mise en valeur de l'îlot de l'amirauté Henry Hurst
Suède villa romaine Carl-Gustaf Styrenius
Tunisie anastylose de la colonne du frigidarium et restauration des thermes d'Antonin
mise en valeur de la villa de la volière
Liliane Ennabli, Fethi Chelbi

Par ce terme, il faut entendre les espaces privés tels qu'ils ont pu subsister. Même si de très nombreuses villas romaines ont fait l'objet de fouilles depuis fort longtemps, peu de vestiges ont été mis en valeur sur le site, hormis dans le parc dit des « villas romaines ». Les éléments décoratifs, principalement les mosaïques, ôtés, les pans de murs ont très souvent été abandonnés et le site livré au pillage. Pour cette raison, et de façon quelque peu paradoxale, il est plus aisé de déambuler dans un quartier d'époque punique tardive, protégé par la gangue que constituèrent pendant deux millénaires les remblais romains de la colline de Byrsa. Un autre quartier punique plus ancien, dit « quartier Magon », a été fouillé en bord de mer.


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Situado a 50 metros de شاطئ الکرم, o apartamento Dar El Maa Beach House oferece acomodação com varanda ensolarada. O apartamento tem piso de mármore. Serviço de porteiro e serviço de passar roupa são fornecidos para sua conveniência.

Localização

A propriedade fica a 2.3 km de Museu Nacional de Cartago, enquanto a Ruinas de Cartago está estabelecido a 2.7 km da propriedade. O centro da cidade é de 2 km de distância. O apartamento está posicionado na área, famosa pelo café La Parenthese. Há alguns pontos turísticos, incluindo Salammbo Tophet Archaeological Museum, localizados na área.

O apartamento Dar El Maa Beach House fornece acesso ao trem urbano Le Kram.

Quartos

Os quartos do hotel dispõem de TV a cabo com aluguel de filmes, TV paga e ferro de passar roupas. Algumas unidades incluem terraço para tomar sol para relaxar. As camas estão equipadas com roupa de cama e almofadas hipoalergénicas estão disponíveis. Os hóspedes podem usar secador, roupões e lençóis de banho no local.

Comer & Beber

As unidades Dar El Maa Beach House têm microondas, chaleira elétrica e refrigerador.

Relaxamento

Algumas unidades incluem berços, brinquedos e jogos de tabuleiro. O apartamento oferece piscina ao ar livre durante todo o ano.

Internet

O serviço à internet sem fios está disponível em todo o hotel e é gratuito.


Cité des vivants

Par ce terme, il faut entendre les espaces privés tels qu'ils ont pu subsister. Même si de très nombreuses villas romaines ont fait l'objet de fouilles depuis fort longtemps, peu de vestiges ont été mis en valeur sur le site, hormis dans le parc dit des « villas romaines ». Les éléments décoratifs, principalement les mosaïques, ôtés, les pans de murs ont très souvent été abandonnés et le site livré au pillage. Pour cette raison, et de façon quelque peu paradoxale, il est plus aisé de déambuler dans un quartier d'époque punique tardive, protégé par la gangue que constituèrent pendant deux millénaires les remblais romains de la colline de Byrsa. Un autre quartier punique plus ancien, dit « quartier Magon », a été fouillé en bord de mer.


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